Cette histoire s’est passée en 1990. Je marchais dans la rue et j’ai été arrêté par un groupe de soldats israéliens qui patrouillaient. Ils m’ont demandé mes papiers, m’ont fouillé au corps, ils ont vu la faucille et le marteau sur le porte-clé, et en ont conclu que j’étais communiste.
Ils ont commencé à frapper, à la tête, au corps, et à m’interroger pour savoir si j’avais une maison à Ramallah. Malgré les coups, je n’ai rien dit, car dans la maison il y avait des flyers communistes et une photocopieuse. L’organisation aurait eu des problèmes. Ils m’ont ensuite amené devant deux bâtiments, l’un de la résistance et l’autre du Hamas. Ils m’ont demandé si je dormais là. J’ai dit que non, mais comme ils continuaient de me frapper, j’ai dit que je dormais ici de temps en temps. Ils m’ont redemandé mes clés, pour essayer d’ouvrir toutes les portes et ils continuer à me frapper. Ça a duré quatre heures. Ils ont essayé les clés de chaque porte, ça ne fonctionnait pas, puis ils ont commencé à défoncer les portes et certains jeunes, de peur, ont sauté du quatrième étage. D’autres se cachaient dans la réserve d’eau sur le toit et d’autres sous leurs lits. Finalement, ils ont essayé de me jeter par le quatrième étage, j’ai crié et je me suis retenu aux vêtements des soldats. Par mégarde, j’ai touché la mitraillette de l’un d’eux, et ils ont cru que je voulais les tuer alors ils m’ont battu encore plus fort, à coups de poing au visage, et m’ont amené en prison.
Mais le directeur de la prison m’a refusé car j’étais trop marqué au visage et au corps. Il m’a rendu ma carte d’identité, m’a laissé partir.
J’ai vu une voiture en train de transporter des ouvriers, je suis monté avec eux, en direction de l’hôpital de Ramallah.
A l’hôpital, deux jeunes femmes qui depuis un moment se disputaient mon cœur se sont occupées de moi, et mon cœur a choisi l’une d’elle. Là dans cet hôpital j’ai trouvé l’amour.

Emad Badra – Texte / Text
Histoire écrite en français / Story written in French