Storie Nostrum

« Quand archéologues et historiens racontent, avec l’aide d’écrivains, les histoires des habitants de la Méditerranée il y a 2500 ans sous la forme de podcasts illustrés d’environ cinq minutes. »

Aux origines du projet : regarder vers l’Antiquité et questionner notre présent

Le projet Storie Nostrum s’inscrit dans une démarche nouvelle de l’association Histoires Vraies de Méditerranée. Jusque-là habituée à aller à la rencontre des Méditerranéens contemporains, HVM souhaite à présent faire aussi des incursions dans le passé afin de se mettre au service des histoires vraies de celles et ceux qui n’ont guère laissé de traces dans l’Histoire, a fortiori pour des périodes très anciennes. Cela suppose d’élaborer le passage d’histoires vraies d’anonymes impossibles à restituer à des histoires plausibles à co-construire. Nous privilégierons, dans un premier temps, l’époque où Grecs, Phéniciens, Carthaginois et autochtones vivaient dans cet espace, c’est-à-dire il y a environ 2500 ans, soit avant les conquêtes romaines et l’unification politique de la Mare nostrum.

La carte des histoires vraies des habitants de Méditerranée il y a 2500 ans

Les différents aspects du projet

À la recherche d’histoires ordinaires

À quoi ressemblait la vie ordinaire des habitants des régions méditerranéennes il y a 2500 ans ?

Les sources écrites, même épigraphiques, ne permettent le plus souvent de nous renseigner que sur une part infime des peuples méditerranéens et sur les catégories sociales les plus favorisées, sauf dans certains cas exceptionnels comme l’Égypte.

En revanche, les traces matérielles laissées par les gens du commun et sur lesquelles travaillent les archéologues quand ils fouillent un habitat, une nécropole, une exploitation agricole, une épave sous les mers permettent d’interpréter les destins de l’écrasante majorité de paysans-artisans, pêcheurs, bergers, esclaves qui vivaient à l’époque.

    Une rencontre entre archéologues, historiens, écrivains, créateurs sonores et illustrateurs

    L’idée est d’allier la puissance d’évocation de la fiction à la rigueur scientifique de l’archéologie, d’ouvrir un dialogue fructueux entre des artistes maîtres dans l’élaboration de fictions et d’imaginaires et des chercheurs disposant d’un savoir savant constamment interrogé et réactualisé.

    La démarche consiste à sortir les archéologues de leur zone de confort en leur demandant d’imaginer une histoire vraie, fictionnelle par la force des choses mais scientifiquement fondée, qu’ils raconteront eux-mêmes sous la forme d’un enregistrement sonore après avoir travaillé la dramaturgie avec l’écrivain, illustrée a posteriori.

    La création d’un réseau de musées méditerranéens partenaires

    et la diffusion des histoires

    L’objectif est de produire à terme une centaine d’histoires vraies qui seront mises à la disposition du public des musées, dans toutes les langues du bassin méditerranéen. Ces récits d’habitants fictifs mais ancrés dans une réalité matérielle se veulent des supports muséographiques permettant au public d’aller au-delà des objets exposés pour retrouver, en empathie et de façon incarnée, les hommes et les femmes de l’Antiquité.

    Ces créations sonores seront aussi diffusées sous la forme de séries de podcasts sur les radios partenaires culturelles de la Méditerranée. Un livre-recueil de ces histoires vraies de l’Antiquité sera publié aux éditions Actes Sud.

    Le calendrier

    Dans un premier temps, nous travaillerons en 2021 à la réalisation d’une quinzaine d’histoires pilotes, collectées auprès de chercheurs de la région Occitanie et de la région Provence, en lien avec les musées de Lattara près de Montpellier et du Musée d’Histoire de Marseille, ainsi qu’en lien avec des musées partenaires à l’étranger.

    Dans un second temps, nous élargirons le dispositif à d’autres musées méditerranéens partenaires, jusqu’en 2025, afin d’aboutir à la production d’une centaine d’histoires. Seront alors mis en place des temps de présentation au sein des musées, des temps de rencontres avec les chercheurs et les écrivains, des temps d’écoutes sonores hors des musées et de diffusion à travers les médias partenaires.

    Avec nous sur ce projet