Histoires vraies du Haut-Jura

Comment la résistance a présenté mon père à ma mère et au Jura, par Key

17 janvier 2021

Temps de lecture : 2 minutes

Une histoire collectée en octobre 2020 à Saint-Lupicin.

 

Transcription de l’histoire audio

Image du défilé des maquisards de l’Ain et du Haut-Jura le 11 novembre 1943 à Oyonnax.

Cette histoire va expliquer un peu pourquoi j’habite dans le Haut-Jura. C’est une histoire de mon père, avant qu’il soit mon père. Il est né en 1921, il était à Paris durant sa jeunesse et quand il était jeune homme à 19 ans je crois, c’était la guerre et les Allemands sont arrivés à Paris.

Il a été appelé au STO, il devait partir au travail en Allemagne. Il n’avait pas supporté du tout cette situation-là, il reconnaissait pas, il me disait : « Quand tu vois ta ville et qu’il y a des drapeaux allemands partout, que tu croises des soldats puis que ça parle allemand dans ta ville… » Ça lui convenait pas. Et donc il est parti quinze jours avant la date de son départ en Allemagne et il est arrivé, je ne sais pas comment, dans la résistance dans le Haut-Jura.

Il a fait donc cette guerre en tant que résistant ici, dans le secteur, et ça a duré je crois trois ans pour lui jusqu’à ce qu’il soit démobilisé. Il a été blessé à Pratz, le petit village qui est juste en-dessous d’ici. Il avait des blessures, il nous montrait sa cuisse : il avait pris une bastos dans la cuisse. Il avait été soigné à la Borne au Lion – donc à La Pesse, où il y avait un hôpital de campagne et il y avait rencontré des gens extraordinaires et puis enfin bon bref, ça c’est des histoires de la guerre. C’est pas là-dessus que je voudrais développer.

Quand ça s’est arrêté, quand il y a eu le débarquement, je crois qu’ils ont fait une sortie à Oyonnax qui était fameuse parce qu’ils ont défilé dans Oyonnax qui était occupée aussi à l’époque. Puis il a été démobilisé et sa mère lui a dit : « Attends, pendant que tu es dans le Jura, on a des connaissances à Montain un petit village à côté de Lons-le-Saunier. » C’est une personne qu’on connaissait mais qui n’est pas une personne la famille, une connaissance de la grand-mère. « Va la voir de ma part, la saluer, etc. »

Il va faire cette visite-là avant de remonter à Paris, et donc il est arrivé dans la maison, une grande maison au sud de Montain. En fait, c’est là qu’il a rencontré ma mère parce que là où il allait c’était des cousins de la famille de ma mère. C’est donc la fin de l’histoire, enfin c’est le début d’une autre histoire à ce moment-là. Il est jamais reparti, il est remonté des fois à Paris mais pas longtemps, et voilà ils ont fait le baby-boom et tout le bazar : on est neuf enfants.

Key