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ثلاثة أسماء -إمكانية واحدة

Par Raed Shyoukhi, Hébron  /   Audio  /   Raed Shyoukhi, Hébron  /   5 mai 2013

Le mensonge tue l’amour, dit-on. Qu’en serait-il alors de la franchise ? Quand un nouveau-né arrive dans la vie d’un couple, le choix de son prénom n’est pas toujours consensuel. À tel point que Raed est prêt à tout pour imposer sa décision à sa femme !

Audio in Arabic, text in French

Trois prénoms, une seule possibilité
Traduit de l’arabe (Palestine) par Marie Charton

Je me suis marié avec ma femme par amour. J’ai passé trois ans et demi à l’aimer avant de parvenir à l’épouser. Cela posait beaucoup de problèmes, parce que c’était ma cousine, que mon frère s’était marié avec sa grande sœur et que mon père ne voulait pas qu’il y ait deux épouses sœurs dans notre maison. Mais j’ai beaucoup insisté et, finalement, j’ai pu l’épouser.
Lorsque nous nous sommes mariés, nous nous sommes mis tous les deux d’accord : ce serait moi qui nommerais le premier enfant qui naîtrait de notre union – on m’avait toujours appelé « Abou Raed* », c’est pourquoi je voulais qu’il s’appelle Raed – au second enfant, ce serait elle qui choisirait un nom, au troisième, moi, au quatrième, elle, et ainsi de suite.
Le premier enfant est arrivé, comme convenu je l’ai prénommé Raed. Le second a suivi. C’est elle, toujours comme convenu, qui lui a choisi un prénom. Elle l’a appelé Mohammed. Lorsque le troisième enfant est né, je voulais qu’il s’appelle Adham, mais elle s’y est opposée, prétendant que c’était son tour : « Celui-ci, c’est moi qui lui choisis son prénom ! ». Je lui ai demandé comment elle voulait qu’il s’appelle. Elle a proposé des prénoms. Je lui ai alors suggéré – nous étions encore à l’hôpital – de prendre trois feuilles de papier, et d’écrire un prénom sur chacune d’elles : « Adham » et les deux prénoms qu’elle aimait bien. Elle a été d’accord. J’ai donc pris trois morceaux de papier et écrit sur chacun d’eux un prénom. Sur le premier, j’ai écrit « Adham », sur le deuxième « Adham » et sur le troisième « Adham ». Je lui ai ensuite demandé de tirer au sort un des bouts de papier. Elle a tiré une feuille, l’a dépliée et a lu « Adham ». Elle m’a dit qu’elle n’était pas d’accord. Je lui ai répliqué : « Comment ça tu n’es pas d’accord ? Tu n’as rien à dire, tu as tiré Adham, ce sera Adham ! ». Elle a insisté pour refaire un tirage : « Allez, je tire une dernière fois !
– Okay, puisque tu le désires. De toute façon, c’est Dieu qui choisit. » J’ai replié la feuille afin qu’elle tire à nouveau le prénom Adham. Elle s’est écrié : « Ce n’est pas possible, il y a quelque-chose qui cloche ! ». Je lui ai rétorqué que c’était parce que Dieu voulait qu’il s’appelle Adham. Mais elle a protesté et supplié : « Je tire une troisième et dernière fois !
– Okay, mais c’est bien pour faire plaisir à ma belle-mère ! ».
Elle a tiré une troisième fois et est à nouveau tombée sur « Adham ». Elle a rendu les armes, ce serait ce prénom-là. Elle était fâchée, naturellement. Je me suis rendu au bureau de la responsable du registre des noms à l’hôpital, afin qu’elle prépare l’acte de naissance. Je lui ai donné le prénom Adham, qu’elle a enregistré. Ensuite, sur le trajet du retour à la maison, j’ai dit à ma femme que j’avais un cadeau pour elle. Je lui ai donné les trois feuilles de papier. Elle les a ouvertes, a lu « Adham », « Adham » et « Adham » et s’est mise à crier : « Je le savais ! Je le savais ! »

Raed Shyoukhi

[*] Abou Raed qui est ici un surnom signifie littéralement : « le père de Raed ».

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