Les gens marchent fâchés autour de moi. Je ne les regarde pas. Ils se disputent. Je ne veux pas les écouter. J’avance.
Le jardin est énorme. Des arbres hauts, exotiques. Un bâtiment en pierre, d’autres bâtiments laids ; éléments d’une architecture sans grâce. Je suis maintenant au deuxième étage. C’est assez haut pour regarder le jardin, quelques bâtiments de la ville et la montagne. La circulation dans le jardin est évidente. Tu habitais près d’ici. Je me souviens de cette nuit-là, il y a quelques années…
Ce matin, avec le soleil inondant, ça fait en même temps pas clair. Il a une puissance pas claire. Rien n’est clair ; les enfants attendant ici, cet homme qui discute avec une femme là-bas, ils travaillent ici, la visite de cette nuit, toi. Qu’est-ce qu’attendent ces enfants ? Pourquoi sont-ils venus ? Toutes les choses claires, toutes les choses inconnues.
La circulation de l’hôpital est aussi énorme. Elle était évidente toujours. Elle sera évidente dans l’avenir, sans aucun rapport avec moi. Moi, qui est venue ici pour un peu, seulement pour prendre un peu d’air ce matin. Tu es parti, je serais partie. Je pars. La longueur du jardin est immense. Je le sais, malgré le fait que je ne suis pas là. Je le sais, malgré le fait que je suis partie, malgré le fait que tu es parti.

Atelier d’écriture créative, Institut Français de Grèce
Enseignante : M. Katsantoni (mai-juin 2013)