C’est une vraie histoire que j’ai voulu mettre sous papiers pour dire ô combien L’amour sain, qui n’est pas taché de tartufferie, de mensonges et d’intérêts est merveilleux !!!!
On est en 1967 à Sidi Belabes, ville se trouvant à 450 km à l’ouest d’Alger, L. Tayeb un jeune Belabéssein de 22 ans, plein de force juvénile, travaillait en qualité de surveillant dans un lycée de la ville. Un jour son destin le mit face à H. Fatiha, jeune lycéenne de 16 ans, en première année secondaire au lycée En Nadjah. C’était le coup de foudre entre les deux, et voilà que commença une très belle histoire d’amour, à la Juliette et Romeo . Mais d’un amour sain, car à cette époque on jouait pas avec les valeurs et les principes de la société Algérienne où le fait qu’une femme parle à un homme fait partie des choses interdites.
Leur relation dura deux ans, et n’a pu aboutir à une fin heureuse comme dans les romans ou feuilletons d’amour. Durant deux ans les deux tourtereaux luttèrent de toutes leurs forces pour concrétiser leur rêve, hélas peine perdue ; les parents du jeune Tayeb s’opposèrent farouchement à leur union, et restèrent campés sur leurs décisions, et ne bougèrent pas d’un iota. Malgré les supplications de leur fils car il faut le savoir que les deux familles appartenaient à deux catégories sociales différentes, Fatiha issue du modeste village Rih (vent), que la majorité de ces habitants sont classés dans la cases des défavorisés. Et qui est écrit aussi quelque part sur la planche protégée d’Allah l’histoire de cette relation.
C’est avec un cœur meurtri que Tayeb quitta l’Algérie vers l’hexagone, pour noyer son chagrin et d’essayer d’oublier sa dulcine.
Une fois là bas, il se lia avec une française de 23 ans, et commença à savourer une vie paisible entre son travail, sa maison et son amour à sa femme .
La sagesse et la volonté d’Allah voulurent que Tayeb soit stérile et pour un autre dessein que cachait l’invisible.
Fatiha quant à elle, est devenue enseignante, et refusa toutes les demandes en mariage, et pour noyer aussi à son tour son chagrin et sa peine, se plongeait dans la lecture des romans d’amour sans savoir ce que l’avenir lui cachait.
Les années passèrent, et un jour la femme de Tayeb trouva la mort dans un accident de voiture.
En 2006, vu son âge, et sans progéniture et que rien ne pouvait le retenir à la France, il décida de boucler ses valises et de rentrer au pays . Voila l’enfant prodige de Sidi Belabes qui rentra au bercail. il était content de trouver la chaleur de la famille et des amis et la bonne odeur que dégagent des ruelles de sa chère ville. Appelée à juste valeur « le petit Paris »
C’est dans une superette de la ville que le destin va le croiser une nouvelle fois avec Fatiha, après les salutations, et l’euphorie des retrouvailles, Tayeb dira à Fatiha « qu’es ce que tu deviens Fatiha ? et surement tu es une grande mère ? ». Elle lui répondit qu’elle est toujours célibataire. Devant l’étonnement de Tayeb, elle enchaina « ce n’est pas faute de prétendants, au contraire j’ avais reçu beaucoup de demandes en mariage, mais je les ai toutes déclinées »
Et quand Tayeb demanda les raisons de sa position, Elle lui dira « car mon cœur appartient à un seul homme, et depuis 1967 qui je lui ai donné, et j’ai pas d’autres cœurs à donner aux hommes qui voulurent se lier à moi,. J’ai juré de n’appartenir qu’à cet homme ; ou de rester célibat toute ma vie. Depuis notre séparation forcée, je porte le deuil de mon amour perdu, que la bêtise humaine a voulu extraire de force.
Tayeb à son tour lui raconta son histoire, et étant libre, et surtout que son amour à elle est toujours vivant dans son cœur et que sa flamme ne s’est jamais éteinte.
Et les deux vieux–jeunes tourtereaux décidèrent de se marier.
Après quarante ans de séparation, et d’attente, une séparation déchirante et douloureuse, et une attente interminable entre espoir et désespoirs, et une fin à la « happy end », digne des plus beaux romans d’amour, Fatiha et Tayeb sont réunis sous le même toit pour le bien et pour le pire .
Le destin, domaine réservé d’Allah ; qui, au début à leurs yeux leur a parait cruel, est venu, récompenser leur patiente en déployant ses ailes de clémence et de pitié sur eux, et que l’ignorance et la bêtise humaine ont déféré leur bonheur de 40 ans .
Des fois on a trop souffert dans cette vie pour avoir le droit de ne jamais dire qu’on est heureux.