« Ouvre cette porte ! »
Les bruits des coups résonnent dans ma tête… Si je le fais, s’en suivra la routine. Si je n’ouvre pas, je ne pourrais y échapper également. Je ne cesse de me demander comment ai-je pu atterrir là ? Étant petite, je me chamaillais souvent avec mes sœurs. Dieu veut-il m’en condamner ? Ou peut être est-ce la fois ou j’ai mangé la part de dessert de père? Est-ce simplement le destin de toutes femmes comme ils le disent ? S’il faut endurer tout cela afin d’arriver à la bienveillance et le sentiment d’amour éternelle promis, c’est que le sacrifice en vaut certainement la peine… Non ? Mais pourquoi ne décèle- je pas l’égalité ordonnée et si bien protégée par tant de grands hommes ? Leurs souffrances sont-elles autres que les nôtres ? Pourquoi n’en suis-je pas conv… BAM ! Il arrive…
« Comment a-tu osé femme ! Ce pêché doit être punis par Dieu immédiatement ! Petite ingrate, voilà comment tu me remercie pour tout ce que je te fais ?! Tu en payeras le double prix jusqu’à ce qu’il en juge assez ! »
« Youssef… Non je t’en prie ! Je ne puis supporter une autre de ces corrections… Laisse-moi, laisse-moi partir en enfer ! »
« Comment oses-tu ! Je vais te ramener sur le droit chemin tel que Dieu m’en à confier la mission, viens ! Et assouvis le désir de ton mari afin de t’en faire pardonner ! »
Cette poignée si forte, si douloureuse. Encore… Cela ne cessera t’il jamais ? Je n’aime pas le voir se dévêtir ainsi. Tant de dégoût… Mon corps n’est plus mien. Il en jouit à sa guise et n’assouvit que son ingrat plaisir. Certes, mon corps est souillé par ton indomptable insolence mais l’âme qu’il renferme ne sera jamais atteinte par tes vices. Non… Dieu est bon, juste et réclame la paix. Dieu ne voudrai jamais de cela, jamais qu’une femme se sente souillé ! Jamais qu’une femme se laisse faire ! Vite, je dois chercher ! Un bâton ? Non il n’en sentira rien… Un couteau a proximité ? Je n’ai pas tant de chance… Une vitre brisée ? Je crois rêver ! C’est idéal !
« NON ! »
Ce doux sentiment, comment puis-je le ressentir après un acte pareil ? Je viens de profaner le pire des pêché et pourtant, je me sens si… libre ? Un sentiment inconnu que je n’ai ressenti jusque là. De mon enfance je n’ai pu que subir les obligations que l’ont m’imposait. Je n’ai pu profiter de ma beauté, il m’eût fallu cacher chaque partie de mon visage dès l’âge de la conscience. Si jeune, si soumise…
Je vis dans une époque où les femmes doivent obéir et se taire. Je vis dans une époque où les femmes sont objets de ferveurs et déchets de la nation. Nous, race dites inférieur, inféodée et abusée, nous nous rebellerons un jour et proclamerons notre égalité ! Notre chère préfet représentant l’empire Ottoman à Tunis, ce chère et tendre dictateur, ‘’Sidi Naceur bey’’, celui qui autorisa la profanation des sentiments dit argué, jouissant des privilèges de la polygamie. Cet homme qui fit de mon existence un partage perpétuel avec d’autres de mon espèce subissant ce que le mâle fait valoir à sa supériorité. Sommes- nous nées pour les assouvir ? Ou sont ils mirent en ce monde afin de nous façonner ?
J’étais profondément abimé dans mes pensées ce qui m’empêcha de remarquer deux types robustes d’origine française discutant avec mon conjoint. Ah oui, j’étais si bien absorbée par ma situation que j’en oubliais ces français qui nous importunent et s’approprient notre pays, notre Tunisie…
Ils se sont mis à me dévisager et s’avancer vers moi, paralysée par la peur mes membre ne m’obéissaient plus, je n’avais plus où fuir. Ils me trainèrent vers une voiture aux vitres teintées et le cercle vicieux reprenait son cours. Suis-je réellement destinée à subir les désirs pervers de l’espèce mâle…De nulle part, je reçu un coup me faisant basculer au sol. Sachant ce qui s’en découlera, je ferme les yeux laissant mes punisseurs m’immobiliser par leurs aigres bras et me dépouiller à tour de rôle. Une éternité sembla passer, lorsque la violence cessa enfin. J’ouvris les yeux et aperçu vaguement un homme harmonieusement habillé mais je divague et ma vision obscurcie.
Je n’arrive pas à voir son visage, mais il reflète la sécurité et un sentiment serein. Je ne sais pas si m’est permis de lui accorder ma confiance, il me faut voir son visage … je me lève, mais je ne reconnais pas les lieux, une luxure qui dépasse mon imagination m’entoure. Mais où donc ai- je pu atterrie. Cet insoupçonné était assis là, dos tourné écrivant sur ce qui semblait être un manuscrit.une femme, vêtu d’une majestueuse robe se tient a la porte :
« Vous êtes réveillée ? »
« Ah ! Notre rescapée a repris connaissance. Sachez des maintenant que je ne vous ai pas sauvé par charité. Votre innocence vous a conduis ici afin de travailler sous mon service, ne vous inquiétez pas votre mari est les hommes ayant abusé de vous, n’auront plus jamais l’occasion de vous revoir. Ici vous êtes en sécurité. Je me nomme Bourguiba Habib, mais vous m’appellerai monsieur a partir d’aujourd’hui. Ma femme vous indiquera votre logis. »
Cela fait déjà dix ans que je suis sous l’aile de mon libérateur. Depuis tout ce temps, la Tunisie a connu des différentes reformes, tel que l’abolition de la polygamie, le droit de vote pour la femme, ce qui changea considérablement le future de la nation et créa une égalité entre les hommes et les femmes. Par conséquence la politique de Bourguiba a mené à une liberté d’expression, d’opinion et même de la façon dont les femmes s’habillent. La femme obtient l’essor de sa liberté qui continue a évoluer.
« L’acte héroïque requis les touchants égards de l’aphrodisme »

 

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